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Le Manifeste
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À la
maxime « penser globalement, agir localement », il faut
ajouter :
De l'agir dans l'instant naît ou meurt
l'avenir.
C'est ce à quoi travaillera L'institut Nature et Culture, une association pour la survie de la nature humaine.
- Soutenir toute initiative de recherche, tant à l'intérieur
qu'à l'extérieur du système actuel,
pouvant nous permettre de mieux comprendre la rupture nature-culture (voir plus bas), de redéfinir
les bases d'une pensée réformée permettant
au savoir d'évoluer en dehors d'objectifs utilitaristes
ou productivistes : des recherches écosystémiques 1,permettant de rallier sciences de la nature, culture et sciences
humaines.
- Diffuser le plus largement possible les résultats de ces recherches
et soutenir toute initiative visant à diffuser une vision réformée des rapports entre la nature et la culture humaine : essais, documentaires,
médias, activités artistiques et autres.
- Sur le terrain, expérimenter ou soutenir l'expérimentation
de la pérenniculture, une approche nouvelle d'action ne
visant plus l'aménagement de la nature en fonction des
activités humaines, mais le rajustement des activités
humaines pour permettre à la nature de « s'exprimer
librement » tout en assurant la survie de notre espèce.
- Expérimenter et soutenir également les initiatives de
nature à nous aider à reprendre le contrôle sur
notre destin, tant sous l'angle de la réflexion sur le
devenir de chaque être humain que sur celui de l'organisation
des activités nous mettant en rapport les uns avec les autres, en fonction d'une approche réunifiée de notre nature
et de notre culture.
Un
manifeste pour la survie de la nature humaine |
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Le
début d'une rupture de sens |
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Depuis
le siècle des Lumières, en particulier avec Jean-Jacques Rousseau 2,
l'Occident a fait une distinction
entre le concept de nature et celui de culture. C'est
le début d'une rupture de sens qui a été très
lourde de conséquences. La culture n'est-elle
pas déterminée essentiellement par la manière
dont nous traitons avec la nature? | |
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Si
c'est le cas, la nature et la culture ne seraient-ils pas
deux compléments d'un tout, indissociables? Rien ne
se perd, rien ne se crée, nous dit la science.
Tout
ce qui nous entoure trouve son origine quelque part dans l'espace
et dans le temps, dans la nature. La culture, pour sa part, provient
de ce que l'on en fait, du sens que l'on donne à ce
qui nous entoure, nature vierge ou transformée, matière
inerte et êtres vivants existants ou ayant existé.
Tant dans les cultures traditionnelles que dans l'occident
préindustriel, c'était l'évidence
même. Depuis, on a cru que l'on pouvait « penser » la
culture en dehors de la nature. Ce fut une grave erreur dont nous
payons le prix avec les crises que traverse présentement
l'humanité tout entière.
Elles ont inventé des
concepts frisant l'absurde
Depuis les Lumières, les
sciences humaines ont poursuivi sur la voie de ce déni.
Elles ont inventé des concepts frisant l'absurde,
basés uniquement sur cette rupture, en les camouflant parfois
derrière des méthodes, comme la rationalité. À titre
d'exemple, prenons la notion d'utilitarisme. À partir
de l'idée que nos ancêtres ont traditionnellement
dû «dompter les éléments», du
moins en apparence, qu'ils devaient utiliser les ressources
de leur environnement pour survivre, on a fini par croire que la
nature n'existait que pour nous, qu'elle pouvait servir à combler
le moindre de nos désirs. On a pu justifier ainsi la destruction
irraisonnée de notre environnement.
Les sciences humaines
ont développé, reproduit cette rupture. On a réformé l'éducation,
puis inventé la pédagogie moderne pour faire coller
ces concepts erronés, les faire entrer de force! Parce que
le gros bon sens de chaque individu résiste d'abord,
il faut le casser, jusqu'à ce qu'il renonce à faire
confiance à sa « nature »! Les grandes institutions
de l'État autant que du capital sont devenues la courroie
de transmission dans la grande machine de la modernité,
au service de la destruction de la planète et de la négation
des anciennes sagesses qui prônaient la modération.
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Un
très lourd tribut à payer |
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Les
résultats de cette rupture, nous y assistons tous
les jours sans les voir. On a réussi à faire
croire à une majorité d'humains que
la compétition entre eux, la guerre, la destruction
sont des nécessités historiques et qu'elles
ont permis d'améliorer nos conditions de vie.
Dans la réalité, aucun progrès social,
aucune évolution concrète et viable ne se
sont faits autrement que par la collaboration des humains
entre eux et le respect des règles qui les lient à leur
environnement. | |
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Pour
tout le reste, il y a un très lourd tribut à payer
dont on ne saurait être fiers, qui se retrouve dans nos
dépotoirs, dans la contamination du milieu naturel ou
dans les poubelles de l'histoire humaine.
Dans
notre culture malade, déconnectée de sa source,
la cupidité, par exemple, de l'état de vice,
est devenue une vertu! La nature, pour sa part, avec l'effet
de serre, l'épuisement des ressources, ne se venge
pas de nous. Rien n'est dirigé contre nous. Elle
ne fait que ce qu'elle a toujours fait : maintenir un équilibre.
Le reste, nous l'avons fait nous-mêmes!
C'est
ce qui est en train de nous perdre tous
Qui peut prétendre
sérieusement que le progrès économique et
la croissance continue de la production et de la consommation
de biens issus de la nature peuvent être des fins en soi?
Qui peut vivre sur l'impression que la transformation de
la matière, aussi évoluée et technologique
soit-elle, change fondamentalement la nature même de cette
matière?
Qui peut croire que les lois fondamentales de
la nature cessent ainsi d'exister par notre seule volonté?
Beaucoup de gens, malheureusement! Des gens qui croient que la
culture ainsi créée est sans conséquence
sur le devenir de l'humanité et sur la capacité de
la planète à assimiler ce soi-disant progrès.
Des gens qui tiennent pour réalité ce déni
de sens que représente lÙéchec de la modernité et
cela en toute sérénité. C'est ce qui
est en train de nous perdre tous. Que signifie aujourd'hui
la « recherche de la vérité », compte
tenu de l'espace qu'occupe cette prétendue « pensée
unique » qui n'est en fait que le reflet d'un
déséquilibre? |
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Ce
que nous laisserons derrière nous
Les sciences dites « humaines », si elles se valent souvent
pour la méthode, errent sur le fond si le résultat de
leurs recherches ne nous mène qu'à une rupture
encore plus profonde entre notre mode de vie et la conscience de ses
conséquences. La politique, l'économie, la sociologie,
la psychologie, même l'histoire moderne, pour ne prendre
que ces exemples, parce que trop souvent détachées des
sciences de la nature et de l'environnement, ces « sciences » qui
sont au coeur du mythe du productivisme absolu et de la croissance
continue, nous mènent-elles tout droit à la destruction
finale de l'humanité dans son ensemble?
Rallier dans une
même pensée la nature et la culture est incontournable
pour la survie de notre espèce. Sinon, ce que nous laisserons
derrière risque fort de ressembler, tant dans sa nature que
par sa culture, à la stérilité!

(1).
L'approche écosystémique est définie comme « la
gestion intégrée et complète des activités
humaines, basée sur la meilleure connaissance scientifique
disponible de l'écosystème et de sa dynamique, afin
d'identifier et d'agir sur les pressions qui sont préjudiciables à la
santé des écosystèmes, réalisant de ce
fait l'utilisation durable des ressources et des services des écosystèmes
et le maintien de l'intégrité de l'écosystème »
Dans une approche écosystémique, les objectifs écologiques
sont pris en compte en même temps que les objectifs économiques
et sociaux. Les avantages sont placés au premier plan et au
centre des décisions qui sont prises.
La
gestion adaptée est le processus cyclique d'évaluation,
de planification et de prise de décisions, puis de la mise
en oeuvre et du suivi afin de vérifier si les solutions de
gestion aux problèmes s'améliorent avec le temps,
compte tenu des nouvelles connaissances et de la meilleure information
dont on dispose. Sources.

(2) « Posons pour maxime que les premiers
mouvements de la nature sont toujours droits : il n'y a point de
perversité originelle dans le coeur humain. Il ne s'y
trouve pas un seul vice dont on ne puisse dire comment et par où il
est entré » (J.-J. Rousseau, Émile, II, 1762).
Ce postulat, aussi incontestable puisse-il paraître, suppose à la
nature une forme d'intentionnalité et à l'humanité une
inconditionnalité. Peu de recherches ont permis de mettre à jour
cette contradiction et celles qui l'ont fait ont été à peu
près ignorées. |
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